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Le fabliau

par A. Loummalia

Tromperie dans la seigneurie de Bénac

Oyez, Oyez gentes dames et doux seigneurs, je vais vous raconter l’histoire d’un vilain qui a soif de fortune !

Dans la seigneurie de Bénac, il y avait un pauvre vilain. Il voulait devenir guérisseur car sa mère lui racontait des histoires d’apothicaires fortunés. Des rumeurs couraient, disant que la fille du seigneur Lancelot était malade. Le paysan se dit « Je manque d’or, je pourrais me faire passer pour un médecin afin de gagner quelques écus ».

A ce moment-là, un guérisseur passa dans un champ de blé, le paysan l’assomma, prit son surcot et le jeta dans le fleuve le plus proche. Le paysan arriva au château fort. Il en perdit la raison et pensa : « Moi aussi je pourrais avoir des serviteurs et être bien vêtu ». Il prit sa résolution, assomma Lancelot, s’empara de ses chausses et de sa tunique. Ainsi vêtu, il trompa les gardes du château et leur fit jeter dehors le seigneur, habillé comme un vilain.

Le seigneur ruiné se promena dans les alentours et arriva au petit village de Farbus. Il s’arrêta devant un vendeur d’épices et demanda d’une voix majestueuse :
« Oh, brave homme, je te prie de me donner quelques clous de girofle et de la cannelle.

  • Par Saint Corneille, pour qui te prends-tu vilain gueux sans fortune ! répondit le marchand.
  • C’est ainsi que vous traitez un pauvre baron ruiné et désespéré ! Vous devriez aller vous occuper de vos pauvres chiens affamés et aller faucher le blé de vos terres empoisonnées » hurla le malchanceux Lancelot.
    Il fut fort attristé de cette mésaventure et emprunta un autre chemin pour aller à l’église en se disant : « Cela me ferait grand bien »

Lancelot, ayant l’habitude d’assister à la messe sur les bancs des seigneurs, s’y assit. Le voyant, un autre seigneur lui déclara : « Cet endroit n’est pas pour toi, vilain, vide les lieux ! »
Lancelot lui affirma : « mais je suis un noble, un apothicaire m’a dérobé tous mes biens »
Le seigneur lui répondit : « Balivernes ! Il n’y a qu’à regarder la façon dont tu es accoutré »
Lancelot quitta les lieux, se lamentant : « Dieu, que je suis malheureux ! Allons dans une auberge, j’y trouverai réconfort ! ».
Arrivé à l’auberge, il s’attabla et héla la servante : « Souillon ! Apporte-moi la soupe ! »
Elle répondit d’une voix tremblante : « Tout de suite Sire »
Elle lui servit son repas avec empressement. Encore sous le coup de l’émotion, il avala la soupe sans réfléchir et se brûla la langue à vif.

Pendant ce temps, le paysan profitait de sa nouvelle vie « Plus de corvées, ce sont les autres qui font tout pour moi ! » Il décida alors de donner un banquet et d’y inviter un moine de ses amis à qui il prévoyait de se confier ; Lors du banquet, il lui dit
« Viens dans ma suite seigneuriale »
En arrivant dans la chambre, le moine sentit que le paysan était angoissé et enchanté à la fois. Il s’enquit :
« Mon fils, que vous arrive-t-il ?

  • Mon frère, je dois vous dire une chose, cette demeure n’est pas à moi, j’ai pillé toutes ces richesses à un seigneur, avoua-t-il, confus.
  • Oh, je suis fort étonné ! S’exclama le moine.

Mais le moine était rongé par l’envie d’aller voir le seigneur pour tout lui avouer car il était persuadé d’avoir une récompense en échange de ces révélations. Quand il sut tout, le seigneur s’écria : « Je vais lui botter les fesses à ce larron ! ». Le moine fit une remarque : « Aurais-je droit à une récompense ?

  • Oui, la voilà votre récompense ! » Il lui donna un coup de bâton avant de se ruer vers son ancienne demeure.

Le seigneur se fâcha arrivé là-bas et hurla : « Sale félon, vous m’avez bien trahi ! Redonnez-moi mes biens tout de suite ! ». Et il administra au vilain une sévère correction.

Morale : Il ne faut jamais usurper l’identité d’un autre, sinon gare au bâton !


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